Série V.E.I.N.S.S., partie 2. Évaluation : votre appel à l’action?

June 17, 2020 Karen Laforet

Secteur soins de santé, Division des solutions médicales, santé vasculaire, série V.E.I.N.S.S., dispositif d’accès veineux périphérique, sensibilisation

 

La première partie de la série V.E.I.N.S.S. a abordé les trois éléments importants pour la santé vasculaire, à savoir la compétence pour insérer un dispositif d’un professionnel de la santé, ses connaissances de l’anatomie et de la physiologie d’une veine et la mise en place d’un plan d’accès vasculaire axé sur le patient qui oriente la sélection du dispositif1

En tant que défenseurs de soins aux patients appropriés, nous devons redéfinir notre façon de penser par rapport à l’utilisation de dispositifs d’accès vasculaire, plus particulièrement les dispositifs d’accès vasculaires périphériques. Sont-ils « seulement » des intraveineuses ou peuvent-ils mettre le patient à risque2?

L’insertion d’un dispositif d’accès vasculaire est une intervention effractive qui augmente le risque de complications. En tant que professionnels de la santé, nous devons nous demander si l’utilisation d’un dispositif d’accès vasculaire est vraiment nécessaire.

Quatre étapes permettant d’assurer la perméabilité et le fonctionnement d’un dispositif d’accès vasculaire et de déterminer les complications possibles.

Votre effort pour maintenir « l’intraveineuse en place » doit être évalué au minimum tous les jours1-3. Un cathéter « au repos »4 peut accroître le risque de complications chez un patient, comme de la cellulite, une infiltration, une extravasation, une phlébite bactérienne, une thrombophlébite, la lésion d’un nerf ou une bactériémie associée aux cathéters centraux ou périphériques4-6.

Lorsque vous avez établi qu’un dispositif d’accès vasculaire est nécessaire, vous devez évaluer sa perméabilité, l’état du site d’insertion et l’intégrité de la peau et des pansements, ainsi qu’observer les signes d’infection ou de complications avant chaque insertion. Demandez ensuite au patient s’il présente des symptômes indésirables pour confirmer la perméabilité et le fonctionnement du dispositif d’accès vasculaire et pour déceler tout signe de complications précoces.

Ces quatre étapes se résument comme suit :

  1. Évaluer :
    • La perméabilité et l’intégrité du dispositif d’accès vasculaire conformément au protocole de votre établissement.
    • La longueur externe du CCIP; la comparer ensuite à la mesure précédente.
  2. Observer :
    • Le pansement et la méthode de fixation ou de stabilisation. Est-ce que le pansement est intact? Est-ce que les bords du pansement sont bien fixés en place? La canule est-elle stabilisée sous le pansement de façon à éviter sa torsion ou son mouvement? 
    • Le site d’insertion et la peau adjacente pour déceler les signes d’inflammation ou d’infection. Vérifier ensuite la présence de fuite ou de drainage au site d’insertion, le blanchiment ou la décoloration de la peau.
    • Recherchez des signes de phlébite, à savoir un érythème autour du site d’insertion, des stries rouges le long de la veine ou la décoloration ou tout changement de la peau sous le pansement.
  3. Palper :
    • Autour du site d’insertion et de la zone adjacente pour déceler la présence de gonflement, de sensibilité au toucher ou de fermeté le long de la veine. 
    • Pour déceler les signes d’infiltration. La peau est-elle froide au toucher? La peau est-elle tendue? Y a-t-il une extravasation? Examiner la peau pour déceler un changement de température, une sensibilité au toucher ou une douleur cuisante.
  4. Demander :
    • Au patient la présence de douleur, de brûlure, de sensibilité au toucher, de picotement ou d’engourdissement. Les patients ressentent ce que nous ne voyons pas.

À quelle fréquence le dispositif d’accès vasculaire doit-il être évalué?

La plupart des lignes directrices et des normes actuelles recommandent de procéder à une évaluation1,7 :

  • Toutes les 4 heures pour les patients éveillés et conscients dans les milieux de soins de courte durée qui ont un traitement non vésicant continu par dispositif d’accès veineux périphérique.
  • Toutes les 1 à 2 heures pour les patients sous sédatif qui ont une déficience cognitive ou sensorielle ou qui sont très malades. L’évaluation doit être plus fréquente chez les nouveau-nés et les patients pédiatriques.
  • Une fois par quart ou à chaque visite dans les autres milieux de soins de santé (p. ex., communautaires). Les patients et les fournisseurs de soins doivent savoir comment évaluer le dispositif d’accès vasculaire périphérique toutes les 4 heures et comment signaler immédiatement tout changement.
  • Toutes les 5 à 10 minutes pour les patients avec une médication vésicante ou dont la solution ou le médicament peut augmenter les risques cliniques6.
  • Au moins toutes les 30 minutes pour les patients qui ont un traitement vésicant sans chimiothérapie par dispositif d’accès vasculaire périphérique.
  • Tous les 2 à 5 ml, confirmant le retour du sang en ce qui a trait aux agents de chimiothérapie injectés par bol intraveineux.

Notre appel à l’action vise à réduire le risque de complications et à fournir des résultats positifs pour les patients. Évaluer le besoin d’un dispositif d’accès vasculaire chaque jour et effectuer des évaluations régulièrement peuvent aider à améliorer l’expérience de nos patients et à réduire le risque qu’ils présentent des complications.

Les parties 3 et 4 de notre série permettront d’approfondir les façons qui nous permettent de réduire le risque d’infection chez un patient à chaque point de contact d’un dispositif d’accès vasculaire. 

Pour obtenir plus de renseignements sur l’évaluation d’un dispositif d’accès veineux périphérique, communiquez avec un représentant en remplissant le formulaire ci-dessous.

 

Bibliographie.

  1. Association Canadienne d’Accès Vasculaire (ACAV). Lignes directrices canadiennes sur les accès vasculaires et la thérapie intraveineuse, Pembroke, Ontario, Pappin Communications, 2019.
  2. COOKE, M. et coll. « Not ‘just’ an intravenous line: consumer perspective on peripheral intravenous cannulation (PIVC). An international cross-sectional survey of 25 countries » dans PLoS ONE, vol. 13, n° 2, 2018, e0193436. Accessible à l’adresse : https://doi. org/10.1371/journal.pone.019343
  3. MOUREAU, N. L. « The VHP Model » dans Moureau, N. L. (éd.), Vessel Health and Preservation: The Right Approach for Vascular Access, pp. 3 à 8. Cham, Suisse, Springer, 2019.
  4. BECERRA M. B., D. SHIRLEY et N. SAFDAR. « Prevalence, risk factors, and outcomes of idle catheters: an integrative review », Am. J. Inf. Control, vol. 44 (2016), e167 à e172.
  5. BOLTON, D. « Improving peripheral cannulation practice at an NHS Trust », dans British Journal of Nursing, vol. 19, n° 21, 2010, 1346, 8±50. https://doi.org/10.12968/bjon.2010.19.21.79998 PMID : 2135535
  6. SIMS, A. « Infusion therapy using peripheral veins » dans Hadaway L. (éd.), Infusion therapy made incredibly easy (5e éd.), pp. 53 à 118. Philadelphia, Wolters Kluwer, 2018.
  7. GORSKI, L. et coll. « Infusion therapy: standards of practice. (supplement 1) », dans J. Infus. Nurs., vol 39, n° 1S, 2016, pp. S1 à S159.

Exonération de responsabilité : Karen Laforet est une blogueuse commanditée par 3M. Les opinions exprimées dans le présent article sont celles de l’auteure.

À propos de l’auteur

Karen Laforet

[enBio=Karen is an accomplished nurse leader with over 30 years of healthcare experience in critical care, community care, industry, and academia. Having received her Master’s in Clinical Science from Western University, Karen is recognised globally as an expert in infusion therapy and skin and wound care management. She is Canadian Certified in Community Health Nursing (CHNC (C)), certified in Canadian Vascular Access (CVAA (C)), and internationally certified in vascular access (VA-BC™). ],[enJob=Registered Nurse],[frBio=Karen est une infirmière chef de file accomplie comptant plus de 30 ans d’expérience en soins de santé dans les soins critiques, les soins communautaires et les milieux industriels et universitaires. Titulaire d’une maîtrise en sciences cliniques de l’Université Western, Karen est reconnue à l’échelle mondiale en tant qu’experte en traitement par intraveineuse et en gestion des soins de la peau et du traitement des plaies. Elle détient une certification en soins de santé communautaires (IISCC [C]) et en accès vasculaire (CVAA[c]) au Canada et une certification en accès vasculaire (VA-BCMC) à l’échelle internationale.],[frJob=Infirmière autorisée]

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