Traiter les complications liées aux cathéters périphériques courts pour améliorer les résultats des patients.

October 7, 2021 Whitney Line

Patient recevant des soins.

Souvent perçue comme étant simples à utiliser et à faible risque, les cathéters périphériques courts sont les dispositifs de perfusion les plus populaires et les plus courants dans le secteur des soins de santé avec des ventes annuelles d’environ 330 millions aux États-Unis1. Cependant, beaucoup d’entre nous ne réalisent pas que leur échec peut entraîner à la fois des complications de santé importantes, mais aussi des coûts liés aux soins infirmiers et à l’entretien. Les complications peuvent comprendre une infection, une phlébite, une infiltration, un délogement, un échec mécanique et une occlusion.

Il est essentiel de minimiser le risque d’échec pour améliorer les résultats des patients. Pour cela, il faut d’abord comprendre les risques associés aux cathéters périphériques courts, comparer les directives et les normes historiques et actuelles, et changer les pratiques afin de réduire les bactériémies et autres complications.

Un aperçu de l’évolution des normes et des directives relatives aux cathéters périphériques courts au fil des ans.

Avant, les cathéters périphériques courts étaient changés plus fréquemment que ce qui était cliniquement indiqué. Cette pratique était basée sur des politiques courantes d’hôpitaux telles que le retrait toutes les 24 heures, mais ces directives ont évolué au début des années 2000 sur la base de nouvelles preuves.2 à 4.

En 2002, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont recommandé d’augmenter le temps de port des cathéters périphériques courts en le faisant passer de 72 à 96 heures en raison de l’absence de preuves cliniques indiquant qu’un changement moins fréquent était dangereux. Cette pratique allait de pair avec les préférences du personnel infirmier de ne pas retirer le cathéter périphérique court après 72 heures sans des symptômes de complications. Ce changement de directives a potentiellement permis de réaliser des économies de 168 $ par jour ou de 61 200 $ par an, soit un montant substantiel4.

Plus récemment, les directives actuelles de la Infusion Nurses Society (INS) recommandent aux professionnels de la santé de retirer un cathéter périphérique court s’il ne fait plus partie du plan de soins du patient ou s’il n’a pas été utilisé depuis 24 heures ou plus. La INS conseille également de retirer le cathéter périphérique court lorsque cela est cliniquement indiqué sur la base des résultats de l’évaluation du site et des symptômes de complications de santé5.

Le prix de l’échec des cathéters périphériques courts pour les patients et les hôpitaux.

L’échec d’un cathéter périphérique court peut être assez important, créant une charge à la fois pour les patients et les hôpitaux. En moyenne, l’insertion d’un cathéter périphérique court aux États-Unis coûte entre 28 $ et 35 $ pour les premières insertions, cela comprend les produits utilisés et le temps passé par le personnel infirmier9.

Cependant, le coût peut varier et augmenter en fonction du nombre d’essais, des produits choisis et des technologies de soutien utilisées (par exemple, protecteur cutané, dispositifs de stabilisation). Il faut en général deux essais pour placer une perfusion intraveineuse périphérique. Si le premier essai échoue, le coût et le risque d’échec du cathéter suivant augmente.6 à 8.

Il n’est donc pas surprenant que les taux de complication et d’échec des cathéters périphériques courts soient élevés. Dans une analyse d’études contrôlées et aléatoires de 1990 à 2014, Helm a constaté que le taux d’échec global d’un cathéter périphérique court était de 46 %. Cela signifie que près de la moitié de tous les cathéters périphériques courts placés échoueront avant la fin de leur temps de port.  Cela peut avoir des répercussions négatives sur les patients et les résultats9.

Comprendre la cause des complications liées aux cathéters périphériques courts.

Survenant dans 15,4 % de tous les cathéters périphériques courts, la phlébite est l’inflammation de la paroi veineuse et est fréquente avec les cathéters veineux courts. La peau d’un patient ne peut pas être complètement stérilisée, et lorsque les cathéters non fixés bougent, ils peuvent pousser des bactéries dans la circulation sanguine, provoquant une phlébite bactérienne9.

L’infiltration est une autre forme courante d’échec des cathéters courts, survenant dans 23,9 % des complications liées aux cathéters périphériques courts. Elle peut être causée par une blessure de la paroi veineuse due à une inflammation, un traumatisme dû au déplacement du cathéter, une blessure avec l’aiguille au moment de l’insertion ou lors d’un essai précédent5,7,9 à 11.

L’échec mécanique et l’occlusion possèdent un taux moyen d’incidence de 18,8 % et peuvent être causés par l’entortillement du cathéter ou une extrémité sans issue dans la paroi d’un vaisseau sanguin.  Les vaisseaux sanguins endommagés peuvent également déclencher une thrombose inflammatoire et une occlusion du cathéter. De plus, un changement de la coagulation peut provoquer une thrombose.  La difficulté de la différenciation entre une occlusion et d’autres étiologies de l’échec du cathéter mènent à une large gamme d’incidence2,9,11 à 14.

Alors que les cathéters périphériques courts sont les dispositifs de perfusion les plus courants dans les hôpitaux, leur échec peut entraîner des complications sur la santé et des coûts importants. Les directives évoluant vers des temps de ports plus longs et des retraits cliniquement indiqués, il est essentiel de comprendre les risques liés aux cathéters périphériques courts pour minimiser les risques d’infection. Consultez notre prochain article pour en savoir plus sur la prévention et les interventions en cas d’échec des cathéters périphériques courts.

 

Bibliographie :

  1. Hadaway, L. « Short peripheral intravenous catheters and infections », J Infus Nurs., vol. 35, n° 4 (2012).
  2. O’GRADY, N. P., M. Alexander, L. A. Burns et coll. « Guideline for the prevention of intravascular catheter-related infections », Clin Infect Dis., vol 52, n° 9 (2011) : pp. e162 à e193.
  3. Lai, KK. « Safety of prolonging peripheral cannula and i.v. tubing use from 72 hours to 96 hours. » Am. J. Infect. Control, vol. 26 (1998), pp. 66 à 70.
  4. Keleekai, NL., Schuster, CA., Murray, CL., King, MA., Stahl, BR., Labrozzi, LJ., et coll. (2016). « Improving nurses' peripheral intravenous catheter insertion knowledge, confidence, and skills using a simulation-based blended learning program: a randomized trial », Simulation in Healthcare, vol. 11, n° v6, pp. 376.
  5. Gorski, L., Hadaway, L., Hagle, ME., McGoldrick, M., Orr, M., et Doellman, D. « Infusion Therapy Standards of Practice », J Infus Nurs., Vol. 39, suppl. 1 (2016) : pp. S1 à S59.
  6. Hadaway, L. « Infiltration and extravasation », Am J Nurs. vol. 107, no 8 (2007) pp. 64 à 72.
  7. Webster, J., Osborne, S., Rickard, C. M., et New, K. (2013). « Clinically-indicated replacement versus routine replacement of peripheral venous catheters », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 4, (2013), CD0077981-1.
  8. Rickard CM., Webster J., Wallis MC. « Routine versus clinically indicated replacement of peripheral intravenous catheters: a randomized controlled equivalence trial », Lancet. 201; vol. 380 (no 9847), pp. 1066 à 1074.
  9. Helm, RE., Klausner, JD., Klemperer, JD., Flint, LM., et Huang E. « Accepted but unacceptable : Peripheral IV catherer failure ». J Infus Nurs., vol. 38, no 3 (2015) pp. 189 à 203.
  10. Hadaway, L. « Infiltration and extravasation », Am J Nurs. vol. 107, no 8 (2007) pp. 64 à 72.
  11. Jackson, A. « Retrospective comparative audit of two peripheral IV securement dressings », British J of Nurs. vol 21 (2012) pp 10 à 5.
  12. Amy Leung, Clare Heal, Jennifer Banks, Breanna Abraham, Gian Capati, et Casper Pretorius. « The Incidence of Peripheral Catheter-Related Thrombosis in Surgical Patients », Thrombosis, vol. 2016, Article ID 6043427, 6 pages, 2016. doi:10.1155/2016/6043427
  13. Znigg, W., Pittet, D. « Peripheral venous catheters: an under-evaluated problem », Int J Antimicrob Agents. vol. 34, n° 4, suppl., 2009, pp. S38 à S42.   
  14. Trinh, TT., Chan, PA., Edwards, O., et coll. « Peripheral venous catheter-related Staphylococcus aureus bacteremia », Infect Control Hosp Epidemiol. vol. 32, n° 6, 2011, pp. 579.   

À propos de l’auteur

Whitney Line

[enBio=Prior to joining 3M, she practiced as a trauma nurse at an area Level 1 trauma center and was a Patient Care Supervisor with the University of Minnesota-Solid Organ Transplant program. She focused on design and implementation of optimal processes and workflows, while managing a team of clinical nurse transplant coordinators. Her work is driven within the framework of improving the lives of patients globally; and supporting nurses in their drive to provide excellent patient care. This past year, she has worked to support nurses around the world to better understand the varying types of respirator products, and the ever-changing guideline and regulatory landscape. She has contributed to medical education delivered around the world, and has presented education on medical respiratory protection, process improvement, and vascular access care across the United States. ],[enJob=Application Engineer, Medical Soluions Division, 3M],[frBio=Avant de rejoindre 3M, elle a exercé comme infirmière en traumatologie dans un centre de traumatologie de niveau 1 de la région et a été superviseure des soins aux patients dans le cadre du programme de transplantation d’organes solides de l’Université du Minnesota. Elle s’est concentrée sur la conception et la mise en œuvre de processus et flux de travail optimaux, tout en gérant une équipe d’infirmières cliniciennes coordinatrices de transplantation. Son travail s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la vie des patients dans le monde et du soutien aux infirmières dans leur volonté de fournir d’excellents soins aux patients. L’année dernière, elle a travaillé pour soutenir les membres du personnel infirmier du monde entier pour mieux comprendre les différents types de produits respiratoires ainsi que les directives et le paysage réglementaire en constante évolution. Elle a contribué à l’enseignement médical dispensé dans le monde entier et a présenté des formations sur la protection respiratoire médicale, l’amélioration des processus, et les soins d’accès vasculaire aux États-Unis.],[frJob=Ingénieure d’application au sein de la Division des solutions médicales de 3M]

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